1 avril 2020

JE DONNE TROP / JOURNAL D’UNE EMPATHIQUE AU SYNDROME DU SAUVEUR

Aujourd’hui on se retrouve avec un article mood un peu particulier ! À vrai dire, cet article m’est indispensable à écrire, j’en ressentais vraiment le besoin. Je donne trop. Un peu bizarre d’écrire cet article dans le contexte actuel où la solidarité doit être une priorité. Pourtant, c’est bien pendant cette période que j’ai pris la décision d’arrêter de donner de mon temps, de mon soutien et de mon amitié à tout va.

J’ai toujours donné énormément en amitié notamment. Je suis le genre de personne que l’on peut appeler à 4h du matin et qui viendrait directement voir un ami qui ne va pas bien ou passer la nuit au téléphone avec lui.

Vu comme ça, c’est plutôt attrayant, la générosité, l’empathie, le souci de l’autre et la valeur de l’amitié.
Cependant, cela peut vite devenir un cauchemar, générateur de désillusions et de déceptions à tout va. Car à trop prendre soin des autres, non seulement on se néglige soi même mais en plus le malheur des autres fini par nous atteindre.

Parce qu’en plus de cette extreme empathie que j’ai naturellement, je suis aussi hypersensible. Si tu ressens une émotion, je la ressens. Ce qui veut dire qu’à part en me braquant, je peux être très affectée par les émotions négatives d’une personne alors même que dans ma vie tout va bien.

je donne trop

Des attentes trop hautes ?

Au fond, je crois que j’attend aussi des autres ce même soutien que je peux donner. Et je crois que c’est là que je pointe du doigt le principal problème. Tout le monde n’est pas comme ça. La méchanceté gratuite, les gens qui se servent des autres, qui t’utilisent comme baton de berger jusqu’à qu’ils s’envolent et partent, ça c’est la réalité. On est pas dans le monde des Bisounours. Et ça, je m’en suis bien rendue compte ces derniers temps !

J’ai donné de mon temps et de mon soutien a bien du monde cette année: amis surtout, mais aussi famille. Mais au fond, ceux qui prennent des nouvelles avec intérêt, voir qui en prennent tout court, ce ne sont clairement pas eux.

Ma réflexion sur le sujet

Je suis persuadée que le bonheur est de donner sans attendre forcément à recevoir. Sauf que donner à une, deux, trois, cinq personnes qui finalement finissent par nous ignorer une fois leurs problèmes terminés c’est juste usant et triste. Parce que oui, je l’ai été triste. À me demander ce que j’avais pu faire, qu’elle était ma faute. Mais maintenant je le sais, il n’en est rien. Je n’ai rien fais.

On me dit souvent que je devrais être coach, psychologue, bref faire de l’humain mon métier. J’avoue, j’y pense à ce métier de coach car cela me plaît d’accompagner des personnes dans leur développement. Cependant, tant que cela reste professionnel. Je crois que personnellement j’ai trop donné. Finalement même dans mes précédentes relations amoureuses j’ai toujours été attirée par les brebis égarées (je suis faite pour être bergère finalement ?? haha).

Prise de conscience

Mais un jour pendant ce confinement, jai réalisé que clairement agir comme ça ne me rendait pas heureuse. Voir chaque jour certaines personnes au quotidien que j’ai pu avoir en « amitié brève », soutien familial disparaître et continuer juste à me suivre sur les réseaux sociaux par exemple, clairement ça me saoule. Je n’ai plus envie de ça, j’ai besoin d’enlever ces « échecs » de ma vie et d’ailleurs je pense faire un tri sur les réseaux sociaux. Car, je n’en ai jamais parlé par ici, mais il y a tellement de gens malsains dans ce milieu des réseaux sociaux, présents un moment dans ta vie par intérêt alors qu’ils sont les premiers à dénoncer ça.

Finalement, ces relations sont clairement toxiques, à sens uniques, des  » T’as mal où? » comme on en discutait avec ma meilleure amie qui, elle aussi, a ce même problème. Je n’ai plus envie d’être la psy de tout le monde, d’avoir la négativité et les émotions de tristesse de chaque personne que je rencontre dans ma vie, et pour laquelle j’ai de la sympathie, et que j’accueille dans mon « troupeau ». Je vais renégocier mes rapports aux autres, être là, bien sur pour mes proches, mais ne plus donner à outrance et surtout pour des personnes que je connais peu.

Et maintenant ?

On parle souvent de l’amour propre comme quelque chose de, à la fois désirable et un peu tabou. Pourtant c’est vers cet amour que je vais me consacrer maintenant. Parce que je préfère, avec le recul de ses expériences, le prioriser. Parce que pour moi l’amour des autres est synonyme de réciprocité, de soutien et surtout de sincérité. Je vais aussi éliminer mes attentes, je sur estime souvent beaucoup de personnes avec toujours cette impression que la méchanceté et l’égoïsme n’existent que très peu.

Je suis contente d’avoir réussi à faire cette retrospective sur ce problème que j’ai souvent rencontré dans mes relations parce qu’en ressortais souvent avec une impression d’être vidée de mon énergie. J’ai décidé de garder cette énergie principalement pour moi, sans oublier ceux qui sont là depuis longtemps et bien sûr ceux qui en ont besoin dans ce contexte si particulier. C’est dur pour moi de tourner la page avec certaines attentes amicales et familiales, mais finalement je pense que c’est indispensable pour mon bien être.

Je pense réfléchir à deux fois avant d’aider quelqu’un maintenant. Est-ce que la personne me l’a clairement demandé? Ou est-ce que c’est mon syndrôme du sauveur qui parle?

Je suis en train de retrouver cette énergie qu’on m’avait puisé, créatrice et qui me fait me sentir bien. Je vais maintenant consacrer mon temps à cultiver cette énergie positive pour la transmettre naturellement à mon entourage sans pour autant la perdre pour moi.

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syndrome du sauveur
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14 réponses à “JE DONNE TROP / JOURNAL D’UNE EMPATHIQUE AU SYNDROME DU SAUVEUR”

  1. Grainedemagie dit :

    Je suis fière de toi ma biche, tu as très
    Bien écrit !

  2. Lebon dit :

    valou52700
    Ma chère Claire,
    Je me souviens avant que tu partes aux États Unis que tu étais déçue de certaines personnes et que tu avais besoin de te ressourcer.
    Je comprend tout à fait se que tu ressens je l’ai vécu également, j’ai eut plusieurs soucis dans ma vie comme mon divorce les personnes que je pensais être mes vraies amies ne m’ont pas soutenu une seule personne a été là et il est toujours là je peux l’appeler de jour comme de nuit il vient. Je me soucis de mon prochain, je culpabilise parfois j’essaie de prendre sur moi en disant non… Pas facile… On me dit tu es trop gentille et oui on ne change pas du jour au lendemain mais avec l’âge et les épreuves de la vie je commence à penser à moi.
    Je te connais via Instagram tu es une personne que j’apprécie énormément j’aime bien discuter avec toi tu as d’énormes qualités.
    Ton article est très beau je pense que ça t’a soulagé de l’écrire.
    Je te souhaite une bonne journée
    Bisous

    • clairelatour dit :

      Merci beaucoup d’avoir pris le temps de m’écrire ce beau commentaire ! Je pense que oui l’âge fait murir sur le sujet une fois qu’on a eu quelques déceptions, ce qui est cela dit un peu triste tout de même !! J’apprécie aussi énormément nos petites discussions et j’espère qu’elle continueront longtemps ainsi 🙂

  3. Kimilele dit :

    Bonsoir Claire,

    Un long texte qui je pense vous a demandé beaucoup de temps et surtout du courage pour exprimer vous sentiments …

    Un texte aux allures tristes mais qui trouve résonnance chez pas mal de personnes je pense … Mais ne soyez pas forcément « fermée » aux nouvelles rencontres qui pourraient peut-être vous apporter du bien. Même si maintenant je comprend le besoin de recul que vous ressentez, ne vous fermez pas mais protégez vous également (l’équilibre est dur à trouver).

    Et peut-être aussi que le fait de vous exprimer sur ce sujet vous fera du bien et vous permettra de repartir du bon pied avec vos amis et connaissances.
    La générosité dont vous faîtes preuve au quotidien est une force, une valeur qu’il ne faut pas ranger au placard.

    Prenez bien soin de vous en cette dure période !

    • clairelatour dit :

      Merci beaucoup pour ton commentaire, justement j’essaye de trouver cet équilibre entre rester ouverte et me protéger. à très vite !!

  4. Crouzet aurelie (bouddha81 ) dit :

    Coucou, parfois on est déçue, parfois surprise… on fait de notre mieux, parfois la vie nous fait sourire mais quelquefois pleurer… on doit tout faire pour essayer de rester positive , compréhensive mais pas naïve, rester forte ❤ pas se fermer aux autres mais essayer de nous protéger , je te souhaite une belle journée

  5. Salut ! Je suis psy et on a pas intérêt à m’appeler à 4h du mat’, je dors ! Je ne sauve personne, s’il s’agit d’une urgence, c’est le 15.

    Tu as bien fait de questionner ton syndrome du sauveur, souvent on peut mieux se connaitre en nous remettant en question. Parfois, avoir cette attitude vient de notre culture, de notre éducation tu as raison. Pis parfois, ça vient faire écho à des peurs, à des angoisses. « Je donne comme j’aimerai qu’on me donne », « je donne pour sécurisé notre relation ». Bon, je parle de ça, mais il y a 1000 autres raisons 😉

    En tout cas, les métiers du social sont formidables mais faut oublier le côté sauveur, tu vas te fatiguer. 😀

    Prends soin de toi pendant ce confinement,

    Line de https://la-parenthese-psy.com/

  6. Mouhoub dit :

    Tu as bien raison ma belle,sois sélective cela t’évitera bien des déceptions..Les parents, frères et soeurs et amis proches basta..Et les amis se comptent sur les doigts d’une seule main évidemment.Prends soin de toi et très joli texte!

  7. Muriel dit :

    Je suis aussi fait de ce bois : donner sans compter quelque soit l’heure du jour ou de la nuit
    L’empathie est une bien belle qualité mais j’ai comme toi appris à mes dépens qu’elle ne doit pas glisser dans un puits sans fond .
    Il faut en garder oui c’est important mais avec un juste équilibre. Et ce ne sera en aucun cas de l’égocentrisme que de savoir dire : « non , ou ta phrase , le ton que tu emploies , ta manière de faire ne me convient pas ». C’est dur quand on a pas eu l’habitude de réagir ainsi . Il ne s’agit pas de muer mais de s’autoriser à se faire respecter !!! et à se respecter !!!
    Désillusion oui en effet il y en : on donne par générosité de cœur. Ce cœur qui se remplit de BA . Dans notre ADN ? Oui je le pense . L’hypersensibilité en action . Mais cela va bien au-delà : L’entourage a bien compris que nous étions la personne ressource : demande à Claire , tourne toi vers Claire … Et en bon petit soldat on cherche des solutions, des pansements pour les autres, et on les trouve . Alors les demandes continuent puisque cela fonctionne. Vient le jour où l’on manque de peps , ou la baisse de moral fait que notre réactivité est moindres et là on reçoit en pleine face des reproches. Inacceptable pour des hypersensibles . Alors oui on se dévalorise, en réalité les autres ont bien compris où était le point sensible et c’est eux qui nous font nous sentir aussi mal, nous poser des questions sur nous mêmes : c’est le temps de la négation sur soi-même : «  je NE suis pas méchante pourtant » , « qu’ai-je fait de MAL» , « pourquoi me traiter ainsi » et là c’est la dévalorisation qui pointe le bout de son nez . Le schéma se reproduit sans cesse, jusqu’à exploser, se sentir nulle, incomprise, de trop même parfois. Alors qu’on aurait juste besoin d’un « ce n’est pas grave » « je comprends » , « tu as besoin d’un coup de main? », non par réciprocité ( je te donne, tu me donnes) mais par ce besoin qu’on a de se sentir exister AUSSI !! Être autre chose que le référent familial ou amical sur lequel on va poser tous nos soucis. Ma psy me disait un jour, « vous savez Muriel, dans une famille ou dans un cercle proche, il y a forcément une personne, sur laquelle on va se tourner pour poser tous nos maux et cette personne c’est vous, alors on va travailler pour ne plus accepter qu’on déverse ces poids sur vos petites épaules. » Bien pratique comme système pour eux . Mais pour nous ça fait un mal de chien . Toujours jugées, toujours devoir être à la hauteur sinon niées voir reniées .
    Tu parles de bergère moi on m’appelait mère Theresa. On m’emmenait en soirée pour amuser la galerie ou pour réconforter les âmes perdues : « on va pouvoir danser tranquillement Muriel va récolter tous les cassos. » Et la réalité était bien celle-là. Malheureux non ? même si j’avoue avoir comme toi en moi ce besoin d’accompagner. Ma fille me dit dans cesse : « mais maman arrête de t’occuper autant des autres et prends soin de toi plutôt » . Je n’ai pas appris, on ne m’a pas appris. Mais elle a tellement raison ma fille que j’ai élevé autrement . Car ce système nous bouffe de l’intérieur, et on est réduit à une peau de chagrin , on se perd, on s’oublie. Tu es jeune et pleine de ressources alors regarde la vie sous un autre angle sans délaisser les autres mais en mettant des limites. L’amitié quant à elle est faite de réciprocité . Sans il n’y a pas d’amitié qui tienne. J’ai un regard affûté avec le temps sur les autres : un radar se met en route et je décrypte l’autre assez bien et rapidement ( il m’arrive de me tromper quand je suis dans une phase d’émotivité trop forte) mais assez rarement , une aubaine pour ne pas laisser rentrer maintenant les mange gamelles. Il te faut faire un cercle virtuel autour de toi et dire si cela se présente «  je ne t’ai pas invité à franchir cette ligne » . Ta conclusion est la bonne et j’ai compté 4 « clairement » et ça c’est loin d’être anodin. Je t’embrasse.

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Je m'appelle Claire Latour, j'ai 25 ans et j'habite à Paris. Passionnée de mode mais aussi de beauté, j'aime porter des pièces qu'on juge importables et distiller mon univers partout où je vais! Je suis également une grande fanatique de voyages et de découvertes aux quatre coins du monde. Contact: clairelatour@hotmail.fr

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