LE HARCELEMENT DE RUE: FEMME OU OBJET SEXUEL?

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C’est un sujet qu’on voit de plus en plus souvent et au lieu de trouver ça nul, moi je trouve ça bien. Les langues se délient, les femmes parlent. Et ça fait du bien. Je ne suis pas une pro féministe ou quoi que ce soit car je pars du principe que c’est en parlant trop de féminisme qu’on continue d’enfoncer les différences hommes/femmes. Bien sûr quand un con fait un peu trop le misogyne je sais gentillement le remettre à sa place mais je ne me range pas non plus encore du côté des Femens.

En fait, je me suis imaginée un truc bizarre. Je me met dans la peau d’un mec typique qui vient te faire chier dans la rue. Parce que oui la on parle bien de faire chier. Imaginez un instant que je mette une main au cul à un mec et que je lui demande son numéro. Ça parait ridicule non? choquant?

Je pense que j’ai jamais eu autant de problème de harcèlement de rue que depuis que je suis arrivée dans le Sud. Je ne sais pas si c’est le soleil qui leur tape trop sur la tête (ou sur autre chose) mais ça devient insupportable. Désolée, mais non, avec plus de 35 degrés je vais pas mettre un jean sous prétexte d’être tranquille.

Combien de fois une fille se fait siffler, se prend des « waouh », « tes bonne », « aie aie aie » ou je sais pas quoi. Qu’est-ce qu’il se passe dans leur tête? Est-ce qu’un mec peut penser qu’une nana va le suivre et se retrouver dans son lit parce qu’il a dit qu’elle était bonne? Non, on est d’accord. Donc oui on parle harcèlement sexuel.

Même avec un vieux jogging, tu te fais klaxonner. Tu dis un vieux merci au gros lourdaux du coin, il y voit une porte d’entrée. Tu réponds rien? Une fois sur deux tu te fais insulter. Autour de moi, parmi ma famille ou mes amies, j’ai des tonnes d’exemples, bien plus tristes que les miens pour certains. Les mecs qui se frottent contre toi dans le bus ou dans le RER en font partie.

Je me souviens d’une fille en allant plus petite au lycée. Elle devait avoir 12/13 ans. Un mec d’une quarantaine d’année s’est assis à côté d’elle et a commencé à la toucher partout. Et personne, personne n’a osé réagir. En fait, à partir de 14/15 ans quand tu es une fille, c’est fini pour toi. T’es dans la merde, un cul sur pattes.

Alors, des solutions? J’en teste. Un fuck de temps en temps ça passe bien, les écouteurs et tu fais genre tu n’as rien entendu ou bien le bon regard méprisant. Tout dépend du relou que t’as en face de toi. Mais à chaque regard sexuellement bien poussé, à chaque remarque, sifflement et j’en passe, je me sens souillée, violée par des propos dégueulasses et par des hommes qui le sont encore plus.

Petite parenthèse pour les femmes qui insultent les femmes. Je les déteste encore plus. Celles qui te traitent de pute quand tu vas tranquillement chercher ta baguette de pain parce que oh désolée madame, il fait chaud et tu sors une jupe. Ou celles qui te lancent un « pas étonnant qu’il y ait des viols ».

J’aimerais aussi pouvoir faire la fiesta la nuit et ne jamais flipper, JAMAIS, quand je rentre. De ne jamais avoir à demander à un ami de me raccompagner, de devoir coller un groupe ou de demander à une pote de rester au téléphone avec moi. Mais malheureusement avec les fous qu’il y a, c’est encore impossible.

Alors oui, on ne parle pas d’agressions physiques, de coups ou de blessures, mais je peux vous dire en tant que femme, que la souffrance psychologique en est quotidiennement affectée.

Voici une vidéo que j’ai trouvé assez intéressante, un peu cliché mais à voir: nous les femmes dans la peau des hommes relous.

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